Cidade Velha, Cap-Vert

Informations générales

Secrétariat régional

Statut administratif

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Cidade Velha, centre historique de Ribeira Grande

Fonction historique

Première ville coloniale construite par les Européens sous les tropiques

Lieu et site

Située au sud de l’île de Santiago, la Cidade Velha conserve une partie de son tracé viaire et d’importants vestiges, dont deux églises, une forteresse royale et la place du Pilori avec sa colonne de marbre de style manuélin.

Morphologie urbaine

La fondation de Ribeira Grande/ Cidade Velha marque une étape décisive dans l’expansion européenne, à la fin du XVe siècle, en direction de l’Afrique et des espaces atlantiques. Ribeira Grande fut ensuite, du XVIe au XVIIIe siècle, une escale maritime clé de la colonisation portugaise et de son administration. Ce fut un carrefour exceptionnel du commerce maritime international, entre les routes de l’Afrique et du Cap, du Brésil et des Caraïbes. Elle apporta une image précoce des visions géopolitiques transcontinentales. Sa situation insulaire isolée mais proche des côtes africaines en fit une plateforme essentielle de la traite atlantique des temps modernes. Lieu de concentration des personnes asservies favorisant les pratiques inhumaines, Ribeira Grande fut aussi un lieu remarquable des rencontres interculturelles dont est issue la première société créole accomplie. La vallée de Ribeira Grande expérimenta de nouvelles formes d’agriculture coloniale, à la limite des climats tempéré et tropical. Elle devint une plateforme d’acclimatation et de diffusion des espèces végétales de par le monde.

Critères d’inscription

Critère (ii) : Les monuments, les vestiges encore présents à Ribeira Grande, ses paysages maritimes et agro-urbain témoignent de son rôle considérable dans les échanges internationaux associés au développement de la domination coloniale européenne vers l’Afrique et l’Amérique et à la naissance du commerce triangulaire atlantique. Ils témoignent de l’organisation des premiers échanges maritimes intercontinentaux, et tout particulièrement du rôle de plaque tournante de Ribeira Grande dans l’acclimatation et la diffusion de nombreuses espèces végétales entre les zones tempérées et les zones tropicales, entre les différents continents.

Critère (iii) : Le site urbain, maritime et paysager de Ribeira Grande apporte un témoignage éminent des origines et du développement pendant près de trois siècles de la traite atlantique des temps modernes et de ses rapports de domination. C’est un lieu majeur de son organisation commerciale et d’expérience précoce de la mise en valeur esclavagiste d’un territoire colonial. Les brassages humains et la rencontre des cultures africaines et européennes ont donné naissance à la première culture créole.

Critère (vi) : Ribeira Grande est directement associée aux manifestations tangibles de l’histoire de l’asservissement et de la traite des peuples africains, à ses conséquences culturelles et économiques considérables. Ribeira Grande a été le berceau d’une première société métisse créole accomplie. La culture créole s’est ensuite diffusée à travers l’Atlantique en s’adaptant aux différents contextes coloniaux des Caraïbes et de l’Amérique. Ses formes touchent notamment à l’art, aux coutumes sociales et religieuses, aux croyances, à la pharmacopée, et à l’art culinaire. Ribeira Grande est un maillon initial important d’un patrimoine immatériel partagé par l’Afrique, les Amériques et l’Europe.

Repères historiques

L’île de Santiago est découverte vers 1460 pour le compte de la couronne du Portugal. Elle est vierge de toute présence humaine. L’exploration des îles de l’archipel conduit à l’aménagement de l’escale portuaire de Ribeira Grande les années suivantes. Elle bénéficie dès 1466 d’une charte royale autorisant ses habitants à pratiquer le commerce des esclaves. Elle devient une étape essentielle du trafic maritime portugais vers les côtes africaines, puis sur la route du Cap. Les premières constructions défensives, la mairie et la première église sont en chantier dès la fin du XVe siècle (voir Description).

Ribeira Grande offre un emplacement de choix, isolé et bien placé, pour l’organisation du commerce triangulaire transatlantique, notamment celui des esclaves africains dont les Portugais ont le monopole théorique depuis le traité de Tordesillas (1494). L’ancien monument du pilori témoigne directement des rapports de violence établis par le système de l’esclavage.

Au XVIe siècle, le développement de la cité est rapide, favorisé par une position maritime remarquable, par sa position géographique intercontinentale et par rapport au courant des Açores. Ribeira Grande témoigne des premiers succès de la grande navigation hauturière européenne. C’est un carrefour majeur d’un commerce portugais rapidement mondialisé. Les escadres en partance ou en provenance de Guinée, de l’océan Indien, des Indes, du Siam, du Brésil, des Antilles et bien sûr d’Europe s’y côtoient, échangent des marchandises, des plantes, des hommes et des informations.

Elle obtient un statut de ville royale et de premier évêché du Cap-Vert et des côtes africaines, en 1533, institutionnalisant son rôle de lieu de transit, d’échanges et de contacts multiples entre plusieurs peuples africains, entre esclaves africains et hommes libres européens. Les esclaves y reçoivent des rudiments de culture européenne et d’évangélisation avant leur embarquement pour l’Europe ou les Amériques.

Malgré un espace réduit, Cidade Velha est un lieu important de l’histoire de l’agronomie, formant un centre de transit et d’acclimatation pour de nombreuses espèces végétales. Notamment au XVIe et XVIIe siècles, c’est un jardin expérimental et un conservatoire pour des graines et des plantes en provenance de tous les continents et destinées à repartir vers d’autres horizons en fonction des besoins. Le climat sec mais relativement chaud, baigné par les alizés, à la charnière des zones tempérée et tropicale, offre des conditions favorables à une végétation très diversifiée, dès qu’il y avait de l’eau douce. On peut citer la canne à sucre, le bananier ou le cocotier d’Afrique orientale, le maïs américain, les agrumes et les figues d’Europe, le coton, etc.

Pendant un siècle et demi, la valeur géostratégique de la ville est basée sur son rôle d’escale portuaire majeure et sur l’importance de son marché d’esclaves. Elle concentre dans un espace particulièrement réduit une richesse considérable, défendue par le système complexe des forts et des murs. Elle excite alors les convoitises ; l’Anglais Sir Francis Drake la met à sac en 1585. Le système défensif est renforcé par la forteresse royale de São Felipe, achevée en 1593, l’une des plus puissantes de son temps.

Toutefois, à partir du XVIIe siècle, les nouvelles puissances maritimes européennes contestent avec succès l’hégémonie commerciale océanique du Portugal et de l’Espagne. Le corsaire nantais Jacques Cassard attaque et dévaste Ribeira Grande en 1712, pour le compte de Louis XIV ; mais ce n’était déjà plus la riche et puissante citadelle maritime des siècles précédents. Le déclin de la ville s’accentue au cours du XVIIIe siècle, les élites la quittent, l’escale commerciale de Praia est préférée. Le transfert des fonctions politiques et administratives s’effectue vers Praia dans la seconde moitié du siècle et au début du suivant. Le manque de matériaux de construction et la proximité des deux villes entraînent la démolition de bon nombre de bâtiments, parmi les mieux construits, au profit de la nouvelle capitale. C’est à ce moment-là que Ribeira Grande devient Cidade Velha, la « ville ancienne ».

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