Bruxelles, Belgique

Informations générales

Statut administratif

La commune de Bruxelles-Ville est la capitale de la Belgique et une des 19 communes de la Région fédérale de Bruxelles-Capitale

La Grand-Place de Bruxelles

Année d'inscription

1998

Fonction historique

Économique, politique et culturelle

Lieu et site

Esplanade d’environ 110 x 75 m, de forme irrégulière proche du rectangle, située au centre de la vieille ville (Pentagone), à l’est des boulevards centraux, c’est-à-dire sur l’ancienne rive droite de la Senne supprimée à la fin du XIXe siècle.

Morphologie urbaine

La Grand-Place de Bruxelles occupe l’emplacement d’un marais asséché sur la rive droite de la Senne. La première mention écrite connue du marché bas ou « Nedermerckt » date de 1174. La plus grande part du flanc sud-ouest est dominée par l’Hôtel de Ville, construit dans la première moitié du XVe siècle et complété d’une aile arrière lors de la reconstruction successive au bombardement de 1695. Depuis le moyen âge ses fonctions n’ont pas changé : il est le siège de la représentation politique de la commune.La Maison du Roi lui fait face. Le bâtiment actuel, réédifié entre 1873 et 1895 en style gothique flamboyant, accueille le Musée de la Ville depuis 1884, d’abord limité à un étage avant d’occuper, à partir de 1926, l’entièreté de l’édifice.

Les maisons qui constituent le reste du front bâti de la place sont d’un style baroque caractéristique de l’époque de la reconstruction de la ville après 1695. Bien que très individualisées, elles s’intègrent dans une composition dont l’unité est indéniable. Encore aujourd’hui, on les identifie par un nom qu’elles possèdent pour la plupart depuis le moyen âge. Elles ont été bâties sur des parcelles étroites et profondes, dont certaines étaient bordées par des impasses débouchant sur des cours en intérieur d’îlot. Grâce à ce dispositif, nombre de maisons étaient dotées de plusieurs accès distincts, justifiés par les fonctions différentes qu’elles abritaient (commerce au rez-de-chaussée, salle de corporation au bel étage, logements aux niveaux supérieurs).

Critères d’inscription

Critère ii : la Grand-Place est un exemple exceptionnel du mélange éclectique très réussi de styles architecturaux et artistiques qui caractérise la culture et la société de cette région.

Critère iv : par la nature et la qualité de son architecture et sa valeur remarquable, la Grand-Place illustre remarquablement l’évolution et le succès d’une cité mercantile du nord de l’Europe à l’apogée de sa prospérité.

Repères historiques

  • Fondée au Xe siècle, la ville de Bruxelles tirera sa richesse de l’artisanat et du commerce. Dès le XIIe siècle, elle constitue un carrefour économique important sur la route qui relie la mer du Nord au sud de l’Allemagne.
  • Aux XIIIe et XIVe siècles, la place est entourée par quelques maisons patriciennes en pierre (les « steenen »), des halles au drap, au pain et à la viande et des maisons en bois sans alignement rigoureux.
  • Aux XIVe et XVe siècles, plusieurs reconstructions importantes modifient durablement l’aspect de la place. Une nouvelle halle aux draps est édifiée au sud-ouest de la place ; la ville exproprie un îlot au Nord-Est pour rectifier l’alignement. Puis, l’actuel Hôtel de Ville est construit progressivement entre 1401 et 1456, devant la halle aux draps. Une nouvelle halle au pain est construite en 1405 et tout le côté Sud-Est est rebâti par les autorités communales en 1441.
  • Aux XVIe et XVIIe siècles, la halle au pain a cédé la place à la Maison du Roi et plusieurs demeures sont reconstruites, souvent par de riches corporations, et remises au goût du jour. D’inspiration baroque, les reconstructions de façades les plus récentes sont réalisées en pierre.
  • Du 13 au 15 août 1695, la ville est bombardée par les troupes du Maréchal de Villeroi sur ordre du roi de France Louis XIV et en grande partie détruite. Seules subsistent quelques façades, parmi lesquelles celles de la Maison du Roi et de l’Hôtel de Ville, ainsi que sa tour-beffroi.
  • Malgré les destructions très importantes, la reconstruction se déroule rapidement, de sorte que, dans les premières années du XVIIIe siècle, la ville est entièrement rebâtie. A cette occasion, les alignements de certaines rues sont rectifiés et celles-ci sont élargies. Quant à la réédification de la Grand-Place, elle est particulièrement contrôlée, les reconstructions n’étant approuvées par le Magistrat que sur base du dépôt d’un projet de façade, en vertu d’une ordonnance municipale de 1697.
  • Après une lente dégradation, encore aggravée par les exactions des révolutionnaires français en 1793, la Grand-Place suscite à nouveau l’intérêt des autorités communales suite à l’indépendance de la Belgique, acquise en 1831. Dès 1851, mais surtout à partir de 1883, les bâtiments publics et privés qui bordent la Grand-Place seront systématiquement restaurés. Cette vaste campagne se clôturera en 1920.

Habitations majeures de l'architecte Victor Horta (Bruxelles)

Année d'inscription

2000

Fonction historique

Artistique et architecturale

Lieu et site

Les quatre habitations majeures – l’Hôtel Tassel, l’Hôtel Solvay, l’Hôtel van Eetvelde et la maison et l’atelier de Horta – situées à Bruxelles et conçues par l’architecte Victor Horta, l’un des initiateurs de l’Art nouveau, font partie des œuvres d’architecture novatrices les plus remarquables de la fin du XIXe siècle. La révolution stylistique qu’illustrent ces œuvres se caractérise par le plan ouvert, la diffusion de la lumière et la brillante intégration des lignes courbes de la décoration à la structure du bâtiment.

Critères d’inscription

Critère (i) : Les Habitations majeures de l’architecte Victor Horta à Bruxelles sont des œuvres du génie créateur représentant l’expression la plus aboutie de l’influence du style Art nouveau dans l’art et l’architecture.

Critère (ii) : L’apparition de l’Art nouveau à la fin du XIXe siècle, qui marqua une étape décisive dans l’évolution de l’architecture en Occident, annonce les changements futurs. Les habitations de Victor Horta à Bruxelles sont le témoignage exceptionnel de cette approche radicalement nouvelle.

Critère (iv) : Les Habitations majeures de l’architecte Victor Horta à Bruxelles sont des exemples exceptionnels de l’architecture Art nouveau, illustrant brillamment la transition du XIXe au XXe siècle en matière d’art, de pensée et de société.

Repères historiques

Ces quatre habitations, qui attestent de l’immense talent de cet architecte belge, atteignent un sens de l’unité extraordinaire grâce à la conception minutieuse du moindre détail du bâtiment, depuis la poignée de porte ou la sonnette, jusqu’à la moindre pièce de mobilier.

L’architecture Art nouveau, dont Horta fut l’instigateur et le chef de file, annonce le mouvement moderne. La révolution stylistique portée par ses œuvres se caractérise principalement par l’introduction du plan libre, la diffusion et la transformation de la lumière au travers de l’ensemble de la construction, la création d’une décoration qui décline avec brio l’énergie ondoyante des lignes courbes, intimement rattachée à la structure de l’édifice, l’utilisation de nouveaux matériaux (acier et verre), et l’introduction d’installations techniques modernes. Par l’utilisation rationnelle de structures métalliques, souvent laissées apparentes ou subtilement dissimulées, Victor Horta arrive à concevoir des espaces de vie flexibles, généreusement éclairés, en connivence étroite avec la personnalité des habitants.

Palais Stoclet

Année d'inscription

2009

Fonction historique

Renouveau artistique de l'architecture européenne

Lieu et site

Le Palais a été conçu en 1905 à la demande du banquier et collectionneur Adolphe Stoclet par l’un des chefs de file du mouvement artistique de la Sécession viennoise, l’architecte Josef Hoffman. Ce dernier a pu travailler sans limite financière ou esthétique. Avec leur géométrisme épuré, le palais et le jardin (terminés en 1911) marquent un changement radical au sein de l’Art nouveau, changement qui annonce l’Art déco et le mouvement moderniste en architecture. Le Palais Stoclet est une des réalisations les plus abouties de la Sécession viennoise. Il abrite des œuvres de Koloman Moser et de Gustav Klimt, liées à la conception du Gesamtkunstwerk (architecture, sculpture, peinture et arts décoratifs s’intègrent dans une même œuvre). Le Palais témoigne du renouveau artistique de l’architecture européenne et présente un haut niveau d’intégrité dans ses dimensions d’architecture extérieure, d’architecture et de décoration intérieures, avec des meubles et objets originaux.

Critères d’inscription

Critère (i) : Réalisé sous la conduite de l’architecte et décorateur Josef Hoffman, le palais Stoclet représente un chef-d’œuvre du génie créateur de la Sécession viennoise, par son programme esthétique et conceptuel d’art total (Gesamtkunstwerk), par son vocabulaire architectural, par l’originalité et la qualité exceptionnelle de sa décoration, de son mobilier, de ses œuvres d’art et de son jardin. Il constitue un symbole de la modernité constructive et esthétique, en Occident au début du XXe siècle, remarquablement bien conservé.

Critère (ii) : Nourri des valeurs de la Sécession viennoise et de ses nombreux artistes, dont Koloman Moser et Gustav Klimt, le palais Stoclet apparaît dès sa création comme l’une des œuvres les plus représentatives et des plus raffinées de cette école. Réalisé à Bruxelles, au sein d’un haut lieu de l’Art nouveau, il exerce alors une influence considérable sur la recherche moderniste en architecture, et sur la naissance de l’Art déco.

Repères historiques

Le palais Stoclet est un témoin exceptionnel du génie créateur de la Wiener Werkstätte. Il a été conçu et réalisé à Bruxelles de 1905 à 1911, par l’un des fondateurs du mouvement, l’architecte autrichien Josef Hoffman, dont c’est le chef-d’œuvre. Le mouvement de la Sécession viennoise témoigne d’un renouvellement conceptuel et stylistique profond de l’Art nouveau. Dès sa création, le palais Stoclet apparaît comme l’une des réalisations les plus abouties et les plus emblématiques de ce mouvement artistique, caractéristique des recherches esthétiques et du renouveau de l’architecture et de la décoration en Occident, au début du XXe siècle. La décoration du palais Stoclet fit appel à de très nombreux artistes de la Wiener Werkstätte, comme Koloman Moser, Gustav Klimt, Frantz Metzner, Richard Luksch, Michael Powolny, etc. Sous la direction de Hoffman, ils œuvrèrent dans le sens d’un art total, le Gesamtkunstwerk, s’exerçant simultanément dans toutes les dimensions : l’architecture intérieure et extérieure, la décoration, le mobilier, les objets fonctionnels, les jardins et leurs massifs. Dès sa création, le palais inspira de nombreux architectes en Belgique et au-delà. Il annonce l’Art déco et le Mouvement moderniste en architecture. Il témoigne du rayonnement de la Sécession viennoise et de la diffusion de ses idées en Europe, au début du XXe siècle. Il apporte le témoignage d’un monument d’une qualité esthétique et d’une richesse exceptionnelle, destiné à l’expression idéale des arts. Véritable icône de la naissance du modernisme et de la recherche de ses valeurs, son état de préservation et de conservation sont des plus remarquables.

Nouvelles


Contact

M. Philippe Close

Bourgmestre de la Ville de Bruxelles
Ville de Bruxelles

Hôtel de Ville Grand Place
Bruxelles, Belgique

22795000
[email protected]

Mme Paula Cordeiro

Architecte-Gestionnaire
Site Grand-Place UNESCO

+32 (0)2 279 3136
[email protected]

M. Michaël Goetynck

Chef de cabinet de l’échevin de l’urbanisme et du patrimoine
Ville de Bruxelles

Boulevard Anspach, 6
Bruxelles, Belgique

+32 2 279 45 03
[email protected]