Lamu, Kenya
| Nom du secteur protégé | Vieille ville de Lamu. | | Année d'inscription sur la liste du patrimoine mondial | 2001 | | Situation et site | La ville de Lamu est située sur l'Île de Lamu au nord de l'Aire de conservation de Mombasa (225 milles), ville de Lamu, Kenya. | | Fonction historique | Tout premier port d'escale en Afrique orientale, pratiques continues de la culture swahilie. Architecture swahilie unique. Centre islamique en Afrique de l'Est et festivals religieux annuels. | | Statut administratif | Bureau de district de la région de Lamu - Gouvernement central. | | Date de fondation | Lieu de peuplement du XIIe siècle. | | Population actuelle | 10,000 |
Repères historiques
- Origines de Lamu
Lamu est une ville swahilie située sur la côte de l'Afrique de l'Est et fait partie des lieux de peuplement urbain le long de la côte et dont les origines remontent aussi loin qu'au VIIIe siècle. La ville, qui date probablement du Xe siècle selon les registres archéologiques, s'est développée au début du XIIIe siècle comme une des plus importantes villes indépendantes le long de la côte de l'Afrique de l'Est.La ville fut mentionnée la première fois par un auteur/voyageur Arabe: Abu-al-Mahasini, qui a rencontré un Qadi (un juge musulman) de Lamu qui visitait La Mecque en 1441. Les Portugais font aussi mention de la ville en 1506 lorsque Trustee de Cunha l'a investie et a imposé une taxe, qui a été acquittée sans résistance.
- Période portugaise
Les Portugais sont arrivés en Afrique de l'Est à la fin du XVe siècle, en route vers l'Est à la recherche d'épices. En 1506, Lamu a été envahie par les Portugais qui tentaient de contrôler le commerce dans l'Océan Indien. Tout le long de la côte de l'Afrique de l'Est, la flotte portugaise a monopolisé le transport maritime et a réprimé le commerce côtier en imposant des droits sur la plupart des exportations. Cependant, en 1585 et en 1588, il y a eu des invasions de la part des Turcs qui ont incité plusieurs des villes côtières du nord, y compris Lamu, à se rebeller; ceux-ci ont toutefois été écrasés par les Portugais.
- Période omanaise
En 1652, le Sultanat d'Oman, une nouvelle puissance maritime de la partie sud-ouest de la Péninsule arabique, a convenu d'aider les villes-états swahilies à chasser une fois pour toutes les Portugais. Les Omanais ont réussi à expulser les Portugais quarante ans plus tard, en 1698.En 1744, la famille omanaise envoyée à Mombasa, un clan portant le nom de Mazrui, a rompu avec Oman et a commencé à diriger Mombasa comme une ville-état indépendante, un statu quo qui a duré jusqu'à leur renvoi par leur dirigeant omanais, Sayyid Said. Said s'est installé à Zanzibar en 1832, transférant son capital dans cette île de l'Afrique de l'Est et exerçant une influence politique sur la côte en entier jusqu'à l'arrivée des puissances coloniales britannique et allemande.
- Développement de la ville
Les édifices de la ville se sont d'abord développés en petits groupes de maisons de pierre dans le secteur actuel de Pangahari et de Yumbe au nord de la ville. C'est l'endroit où la chambre du Conseil était située et la mosquée du vendredi y est toujours. Le secteur du marché original se trouvait à l'ouest du Yumbe dans le mitaa appelé Utuku Mkuu (le Grand Marché). Au fil des années, la ville s'est étendue vers le sud dans la région appelée Mtamwini, juste au nord du Fort de Lamu. Ce développement représentait l'entière superficie de la ville à son apogée vers la fin du dix-huitième siècle. Dès la fin du XVe siècle, Lamu était déjà une ville-état florissante. C'est une ville swahilie exceptionnelle habitée en permanence depuis 700 ans. Dans un tel contexte, c'est la plus vieille ville vivante de l'Afrique de l'Est. La plupart des autres lieux de peuplement ont été modernisés, alors que d'autres ont été réduits en ruine le long de la côte de l'Afrique de l'Est, particulièrement dans la partie nord de la côte.
- Histoire du commerce
Lamu était un port florissant dans les années 1500 et constituait le pôle commercial de l'Océan Indien et au-delà. Ses principales exportations comprenaient l'ivoire et le bois d'œuvre en échange de produits manufacturés tels que les tissus et les épices provenant de l'autre côté de l'Océan Indien.Lamu s'est développée grâce au commerce maritime avec des commerçants faisant la navette entre la péninsule arabe et l'Extrême-Orient et la côte du Kenya pour faire du troc. Le commerce était soumis aux vents saisonniers en direction du nord-est et du sud-est pour l'arrivée des boutres de marchandises et le retour. Avec l'augmentation des activités commerciales et d'autres activités maritimes vers le milieu du dix-neuvième siècle, de nombreux développements ont été concentrés sur le front de mer. Les citoyens de la ville agissaient comme intermédiaires entre les gens de l'intérieur de l'Afrique de l'Est et les commerçants de l'Arabie et de l'Inde. En plus des produits de consommation, les autres produits de luxe comprenaient des tissus et de la porcelaine importés en Afrique de l'Est. Les commerçants étrangers naviguaient vers le sud à partir de l'Arabie et de l'Asie avec des vents Kaskazi (mousson nord-est), qui soufflent à compter de décembre jusqu'au mois de mars et retournaient vers le nord avec les vents kusi (mousson sud-est), qui soufflent à compter d'avril jusqu'à octobre. Lamu a maintenu ses liens avec l'Arabie et la région du Golfe persique pendant toute cette période.
- Lamu et la religion
Lamu est devenu un important centre religieux au XIXe siècle grâce aux activités de tarika introduites par Habib Swaleh, qui était un Shariff (un descendent du prophète Mohamed (P.B.U.H)). Celui-ci compte plusieurs descendants directs du prophète Mohamed (P.B.U.H.). Ils ont maintenu la tradition du ‘Maulidi’, qui est un festival annuel célébrant la naissance du Prophète. Ces festivals étaient tenus exclusivement à Lamu et continuent de l'être à ce jour. Au fil des années, ils ont réuni d'autres adeptes musulmans venus de l'Afrique orientale et centrale ainsi que la région du Golfe. Lamu est aussi un centre d'enseignement islamique et swahili en Afrique de l'Est. De nombreux chercheurs et savants de la religion islamique et de la langue swahilie se rendent à Lamu pour étudier le patrimoine culturel, qui est demeuré relativement inchangé grâce à la conservation de l'endroit.
- Période britannique
In 1890, la bande côtière de Zanzibar en entier a été cédée à l'Imperial British East African Company. Quelques années plus tard, soit en juillet 1895, le Protectorat de l'Afrique de l'Est a été établi et, dès l'année 1898, le Protectorat a été séparé en provinces et en districts sous la nouvelle administration anglaise. Par la suite, la vieille ville de Lamu est devenue le quartier général du district de Lamu, administré par un officiel britannique résidant accompagné d'un officiel musulman, Liwali (Vice-roi). De 1813 à 1963, Lamu a eu vingt-quatre Liwalis, jusqu'à l'indépendance du Kenya en 1963. Sous le règne britannique, plusieurs maisons ont été érigées sur la mer et Lamu a prospéré. Cependant, la situation financière de la ville a décliné graduellement avec la construction du chemin de fer de l'Uganda de Mombasa à Uganda et le transfert éventuel du siège du gouvernement du Protectorat de Mombasa à Nairobi, lorsque la construction du chemin de fer de l'Uganda a pris fin en 1901.
- Lamu après l'indépendance
À la suite du boom démographique et du développement économique des années 1970, une pression croissante a été exercée sur le milieu urbain de la ville historique de Lamu. Compte tenu du fait que la majorité de la population de la ville historique est constituée de personnes à faibles revenus et qu'il y avait des besoins en espace, il était devenu nécessaire de faire des agrandissements à certaines maisons. D'une part, le coût des matériaux de construction traditionnels a causé un fardeau financier supplémentaire et, d'autre part, pour éviter ce fardeau, les propriétaires ont souvent eu recours à des matériaux modernes peu coûteux. Toutefois, le gouvernement du Kenya était déjà au courant de ces problèmes durant les années 1970 ainsi que du potentiel de Lamu; par conséquent, le gouvernement a autorisé la première étude sur Lamu, qui a été réalisée en 1974, et parrainée par l'UNESCO. Ensuite, une série de projets de conservation ont été élaborés. La vieille ville a par la suite été inscrite comme Monument national in 1983, et depuis ce temps, il y a un Bureau de la Conservation avec un Conservateur résident.
- L'importance de la ville de Lamu
Lamu est le lieu de peuplement le plus vieux et le mieux préservé parmi les villes swahilies sur la côte de l'Afrique de l'Est. Ses édifices ainsi que son architecture sont les mieux préservés et ont une longue histoire qui reflète le développement de la technologie de construction swahilie. La vieille ville est par conséquent un rare patrimoine historique vivant, habité en permanence depuis 700 ans. Celle-ci était jadis le plus important pôle commercial de l'Afrique de l'Est, avant son déclin lorsque d'autres villes comme celle Zanzibar ont pris la relève. Depuis le XIXe siècle, Lamu est considérée comme un important centre religieux en Afrique orientale et centrale, compte tenu des activités de tarika introduites par Habib Swaleh, un descendant sharif du Prophète Mohamed (P.B.A.H). Il y a plusieurs descendants du Prophète à Lamu, et leur présence a maintenu cette tradition, qui se poursuit jusqu'à nos jours à Lamu sous forme de festivals annuels connus sous le nom de ‘Maulidi’. Ces festivals constituent la caractéristique de Lamu et réunissent la communauté musulmane venant de partout en Afrique orientale et centrale ainsi que de la région du Golfe. Cette ville est aussi un centre d'éducation islamique et swahilie en Afrique de l'Est où les chercheurs et les savants de la religion islamique et de la langue swahilie viennent étudier son riche patrimoine culturel, qui est demeuré relativement inchangé. En général, la culture de Lamu est encore conservatrice et repose essentiellement sur l'Islam, en dépit du changement culturel qui s'est opéré dans le reste du pays. Du fait de son insularité, la ville a très peu cédé aux caprices de la technologie moderne, un facteur qui a contribué à sa préservation en tant que patrimoine unique ayant une valeur universelle pour l'humanité.
Morphologie urbaineLa vieille ville de Lamu a été fondée au cours du XIIe siècle. La configuration de la ville et son architecture reflètent diverses étapes de son développement avec les influences arabes des édifices en pierre au centre-ville de Lamu, des secteurs d'extension en périphérie de la ville. D'importants édifices d'architecture asiatique/européenne dominent le secteur riverain grâce à un assèchement du terrain du bord de la mer au début du XIXe siècle. Le port naturel de Lamu a une valeur distinctive en ce qui a trait à la disponibilité de l'eau douce. Les édifices sont pour la plupart construits de matériaux de construction locaux, tels que la chaux vive pour le mortier et les finis, le bois dur (terminalia) pour les supports structurels/dalles ainsi que la conception unique de l'intérieur des édifices qui sont dotées de cours intérieures.D'étroites ruelles se sont formées entre les groupes d'édifices qui sont multifonctionnels, c'est-à-dire qu'ils peuvent servir autant pour les communications que pour des endroits de jeu et de rencontres pour la communauté.
Des rues couvertes sont construites pour fournir de l'espace supplémentaire des deux côtés d'un parallèle formé par les maisons et servent d'endroits où les femmes peuvent communiquer d'une maison à l'autre pendant la journée.
Critères d'inscription1. “Critère (ii) L'architecture et la structure urbaine de Lamu démontrent très clairement les influences culturelles qui se sont rencontrées à cet endroit au cours de plusieurs centaines d'années, en provenance de l'Europe, de l'Arabie et de l'Inde, utilisant les techniques swahilies traditionnelles pour produire une culture distincte."
2. “Critère (iv) La croissance et le déclin des ports de la côte de l'Afrique de l'Est et l'interaction entre les Bantus, les Arabes, les Perses, les Indiens et les Européens représente une phase culturelle et économique importance dans l'histoire de la région, qui trouve son expression la plus remarquable de 'Vieille ville de Lamu'."
3. “Critère (vi) Son rôle commercial de premier plan et son attraction pour les savants et les professeurs ont donné à Lamu une fonction religieuse importante. Elle continue d'être un important centre d'éducation pour la culture islamique et swahilie".
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