Cuenca, Espagne
| Nom du secteur protégé | Ville historique fortifiée de Cuenca |
| Année d'inscription sur la liste du patrimoine mondial | 1996 |
| Situation et site | En Castilla-La Mancha et au sud-est de Madrid, Cuenca s'élève sur une crête calcaire (1000 m) au confluent du Júcar et du Huécar. Ville haute et ville basse sont établies sur les pentes raides du site défensif. Des ponts relient l'ensemble à l'extérieur. |
| Fonction historique | Militaire, agricole, manufacturière et religieuse. |
| Statut administratif | Chef-lieu de la province de Cuenca. |
| Date de fondation | VIIIe siècle. |
| Population actuelle | 51580 |
Repères historiques
- Forteresse musulmane depuis la conquête des Maures, Cuenca est reconquise par Alphonse VIII en 1177; le siège épiscopal est restauré. L'expansion urbaine de la ville est à la fois démographique et spatiale. Les activités manufacturières (textile) de Cuenca sont au premier plan de l'économie castillane; la ville haute s'organise.
- Au XVIe siècle, l'essor de Cuenca est remarquable. Centre politique et administratif de premier rang, elle connaît un développement manufacturier et commercial qui s'accompagne d'une floraison architecturale. La ville haute, enserrée dans ses murailles, et la ville basse, ouverte, évoluent distinctement. Dès lors, le tracé urbain de Cuenca est fixé.
- Au XVIIe siècle, manufacture et élevage s'effondrent. Seul l'ordre ecclésiastique se maintient. La multiplication des fondations religieuses occupe une part accrue dans ce paysage urbain qu'elles structurent désormais.
- L'effondrement économique est suivi d'une faible reprise. Au-delà de l'omniprésence religieuse s'effectue une spécialisation des quartiers selon les activités. Le tissu urbain est dense et la construction se développe en hauteur. Une période de déclin et de détérioration du paysage urbain s'ensuit (XIXe s.); on y mettra fin au début du XXe siècle.
Morphologie urbaine
Au-delà des contrastes entre la ville haute et la ville basse, Cuenca est magnifiquement intégrée au paysage naturel. Regroupés sur des espaces étroits, adaptés à la topographie, des bâtiments ont, eux aussi, commandé l'organisation urbaine. Remontant à la période médiévale chrétienne, le tracé irrégulier des rues a retenu, dans certains cas, des éléments de la ville musulmane antérieure tout en privilégiant l'espace de la Plaza Mayor, coeur monumental de la ville haute.
Une architecture médiévale en hauteur caractérise ce paysage urbain dominé par les tours des fondations religieuses, le hopitaux et maisons signoriales. À ces immeubles des périodes médiévale, Renaissance et baroque, s'ajoutent les vestiges de l'époque mauresque, les portes monumentales, ainsi que les maisons serrées les unes contre les autres, les jardins bordant le Huécar, le relief et la lumière. Des "maisons suspendues" (XIVe s.), surplombant l'abîme, accentuent le profil vertical de la "ville-paysage".
Critères d'inscription
(III) (IV) et (V) à compléter.