Mardi, Décembre 16, 2014

RÉHABILITATION DU PATRIMOINE

L’intérêt de la société pour les édifices hérités d’époques antérieures est une constante qui, d’une façon ou d’une autre, s’est reflétée dans notre histoire. Cet intérêt s’est transformé peu à peu en une prise de conscience de la valeur historique et artistique du patrimoine, concept limité initialement aux monuments mais qui s’est ensuite progressivement étendu pour englober de plus en plus de types d’édifices, peut-être moins attrayants sur le plan esthétique mais de valeur similaire, voire supérieure, en tant que témoignage de la société qui les a créés.

Un autre jalon de cette évolution réside dans l’importance croissante acquise par le contexte, l’environnement dans lequel s’inscrit le monument, le tissu urbain et ses perspectives de visualisation, ainsi que les architectures moins monumentales. C’est ainsi qu’ont été créés divers instruments de protection qui se sont ajoutés à la catégorie du monument (ensembles historiques, paysages culturels, architecture vernaculaire). Au travers de cette publication, le Secrétariat régional d’Europe du Sud / Méditerranée de l’Organisation des villes du patrimoine mondial vise à aborder la façon dont divers édifices patrimoniaux ont été récupérés et réhabilités. Nous souhaitons ainsi montrer les possibilités d’apporter de nouvelles fonctionnalités à notre patrimoine, afin qu’il reste vivant. Les interventions sur le patrimoine ne doivent pas se limiter aux aspects esthétiques ou à la façade, mais il convient également de tenir compte des différentes typologies de construction et de l’organisation initiale des espaces construits.

Les exemples présentés ici concernent dans de nombreux cas la réhabilitation de bâtiments historiques (à usage culturel, éducatif ou administratif), mais également la récupération d’espaces facilitant l’accès au centre historique tout en favorisant une meilleure perception du paysage urbain. La démarche qui sous-tend tous les textes, axée sur l’intégration dans l’environnement urbain, s’éloigne des approches qui considéraient le monument comme un élément indépendant de son contexte.

L’idée maîtresse est que le bâtiment individuel et le centre historique dans son ensemble doivent rester vivants, ne pas devenir de simples objets de contemplation esthétique mais des éléments fonctionnels qui s’intègrent dans la vie quotidienne de leur ville. Il s’agit là d’un aspect essentiel à prendre en compte dans tout projet de réhabilitation entrepris afin de définir les usages auxquels sera destinée l’oeuvre restaurée, qui doivent être aussi proches que possible de l’usage initial pour lequel elles furent créées. Cette démarche comporte plusieurs avantages. Elle attribue une fonction à un patrimoine déjà construit, évitant les dépenses générées par de nouveaux travaux tout en maintenant des constructions à caractère historique qui seront parfaitement intégrées à l’environnement urbain dans lequel elles ont vu le jour. Comme indiqué précédemment, l’utilisation de ce patrimoine lui permet de rester vivant tout en contribuant à revitaliser son environnement. L’espace urbain gagne ainsi en vitalité et en présence humaine, avec tout ce que cela implique en termes de dynamisme social et économique.