Cracovie

Au carrefour de cultures, de régions et de traditions, Cracovie témoigne éloquemment des méandres de l’histoire et rappelle des légendes séculaires sur fond de vérité. Ville de rois et de rebelles, de bourgeois respectables et d’artistes inspirés, de professeurs et d’étudiants. Bruissante et tranquille. Ville de contrastes. Toujours attrayante. Jamais ennuyeuse.

Cracovie se trouve dans le sud de la Pologne sur les bords de la Vistule (le plus long fleuve du pays). Chef-lieu de la région Petite-Pologne, elle s’enorgueillit de plus de mille ans d’histoire. Pendant plusieurs siècles, elle fut capitale de Pologne, et le château de Wawel resta la demeure royale jusqu’à la fin du xvie siècle. Une charte octroyée en 1257 en vertu des lois de Magdebourg confirma la refondation de la ville, qui fut quadrillée de rues au tracé bien droit autour de la place du marché. Avec ses 200 mètres de long, celle-ci était d’ailleurs la plus vaste de l’Europe médiévale. Bien préservée, elle a conservé sa forme d’origine et reste le cœur de la ville. En 2005, l’organisation Project for Public Spaces l’a choisie pour inaugurer son palmarès des plus belles places au monde.

En 1364, la ville devint siège de l’Académie de Cracovie, l’une des plus anciennes universités européennes. Depuis longtemps considérée comme un centre économique, artistique et intellectuel prospère, elle n’a cessé de gagner en splendeur au fil des siècles, heureusement préservée des troubles et des destructions qui ont marqué l’histoire tumultueuse de la Pologne.

Cracovie est un bel et vénérable ensemble de traditions culturelles et de patrimoine matériel, dont l’UNESCO a reconnu le caractère exceptionnel en 1978, en inscrivant le centre historique – l’un des premiers à y figurer – sur la Liste du patrimoine mondial. La zone inscrite couvre environ 150 hectares et embrasse la vieille ville, la colline de Wawel, le district de Kazimierz (ville juive médiévale) et le faubourg de Stradom. Voici 40 ans que la mine sel de Wieliczka, Cracovie et dix autres lieux au monde sont sur la Liste de l’UNESCO!

De nos jours, la ville est une métropole fière et moderne, à la fois ville universitaire et carrefour des nouvelles technologies, irradiant autour d’un centre historique qui conserve son aménagement du xiiie siècle. Certes, le temps ne file pas de la même façon à Cracovie, mais les quartiers médiévaux et la voie royale héritée de la Renaissance débordent de vitalité, attirent les jeunes de partout au monde et stimulent chercheurs et créateurs contemporains. Couronnement de cette créativité : en 2013, l’UNESCO a fait de Cracovie une Ville de littérature, et le personnel chargé de la littérature est membre du comité directeur du Réseau des villes créatives de l’UNESCO. Cracovie travaille activement au sein de l’Organisation des villes du patrimoine mondial et d’autres organisations internationales à bâtir la paix en préservant la diversité et en invitant à un vaste dialogue interculturel par-delà les frontières. Sa stratégie d’aménagement en fait une plateforme dynamique, propice au dialogue international et à la paix. Cracovie veut que les générations à venir apprécient et enrichissent encore son précieux patrimoine.

Son histoire est riche, mais on ne saurait se contenter du château de Wawel et du légendaire appel du clairon. Il faut y venir aussi pour ses festivals de réputation internationale, ses musées innovants qui conjuguent modernité et tradition, une dizaine de lieux qui évoquent la vie du pape Jean-Paul II et le quartier juif de Kazimierz. Sans compter Nowa Huta, ville nouvelle du début des années 1950 et voulue comme un modèle du réalisme socialiste. La « ville socialiste » séduit de plus en plus les touristes grâce à son patrimoine redécouvert depuis peu. Cracovie et la Petite-Pologne comptent huit sites du patrimoine mondial : les mines de sel royales de Wieliczka et de Bochnia, le camp de concentration et d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, le sanctuaire de Kalwaria Zebrzydowska, ensemble architectural maniériste et paysager doublé d’un parc de pèlerinage, et les églises en bois du sud de la région.

Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, qui a laissé les monuments de Cracovie relativement intacts, la ville affronte de nouveaux dangers : ceux de l’industrialisation, de la nationalisation et de l’économie planifiée. Dans les années 1950, le pouvoir communiste souhaite transformer la ville universitaire, symbole de la culture et de l’histoire polonaises, en un centre moderne dédié à l’industrie lourde. Il décide alors la construction de Nowa Huta, le plus vaste complexe industriel de Pologne, avec aciérie et aluminerie. L’industrialisation progressive provoque alors une intense pollution atmosphérique, dont les trente années d’incidence destructive endommagent le cœur historique. De manière générale, la sauvegarde du patrimoine de Cracovie commencera avec la ratification de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel par la Pologne, en 1976, et l’inscription de la ville sur la Liste de l’UNESCO en 1978. L’histoire de la restauration de notre patrimoine est stimulante et intéressante, et la richesse des éléments préservés et les divers palmarès auxquels notre ville se classe si bien demandent une gestion multidirectionnelle.

Voici quelques faits. Il existe depuis 1978 un comité civique pour la restauration du patrimoine de Cracovie, financé par l’État. En 2010, le conseil municipal a adopté un document instaurant les principes de protection et de gestion du site patrimonial, c’est‑à‑dire le plan d’aménagement spatial de la « vieille ville ». Les autorités municipales, ainsi que des organismes de recherche, des établissements d’enseignement et des organisations cracoviennes participent à des projets internationaux de préservation du patrimoine culturel et environnemental. Les débats portent sur des questions fondamentales comme la gestion, les stratégies et les industries culturelles. Depuis quelque dix ans, les études patrimoniales sont devenues une véritable voie de recherche interdisciplinaire, qui englobe de nombreux sujets, dont l’environnement bâti, les musées et les collections, l’aménagement urbain, la mémoire et le tourisme, le tout dans la perspective de l’Europe de l’Est et de l’Europe centrale.

Cracovie a une histoire à raconter, des expériences à proposer, le pouvoir de collaborer avec des partenaires locaux et internationaux pour valoriser son patrimoine, la capacité d’animer les discussions sur le patrimoine et le tourisme, et le goût d’inviter citoyens et touristes à des activités d’importance pour toutes les villes historiques.

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