Enrique Armando Diaz Peramás

Le maire du district du Rimac, au Pérou, est avocat de formation et possède une Maîtrise en Droit de l’Université de Lima; il a également poursuivi des études de Doctorat et du Programme de haute direction (PAD) à l’Université San Martin de Porres et à l’Université de Piura, respectivement.

Il a été élu champion mondial de la Campagne pour la résilience de l’Organisation des Nations Unies, par le biais de l’Organisation des Nations unies pour la réduction des risques (UNISDR), et au moyen de cet espace il cherche à faire connaître l’importance de mettre en valeur la ville et le citoyen, et à promouvoir la diffusion du nouvel Agenda mondial pour 2030.

 

  1. Le Centre historique de Lima a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 1988. Quelles ont été les retombées de cette nomination pour votre ville?

La première inscription remonte à 1988, mais depuis 1991, le Centre historique de la ville de Lima fait partie du Patrimoine culturel de l’humanité de l’UNESCO, et 40 % de cette ville est sous notre juridiction ; cela se reflète sur les différents monuments et sur le patrimoine immatériel que nous possédons.

Il n’y a aucun doute que cela a signifé la reconnaissance de notre protagonisme dans le processus de formation de mon pays, le Pérou, étant donné que, depuis l’année 1810 et au cours de la conception, du tracé et de la construction de la ville, à l’époque de la Vice-royauté et à celle de la République, le district du  Rimac a toujours été présent.

 

  1. À votre avis, quel est le rôle patrimonial d’un maire lorsqu’une ville se retrouve inscrite sur la Liste du patrimoine mondial l’UNESCO?

En tant que maire, mon principal objectif est de valoriser, de promouvoir et de récupérer la forte présence patrimoniale qui existe dans le district du Rimac, car faire partie de l’identité d’une ville insuffle une fierte d’appartenance que nous devons raffermir, afin que tous et toutes nous nous impliquions dans la mise en valeur des monuments et en prenions soin, de même que ceux qui représentent une maison patrimoniale, une maison avec jardin, une église, ou encore l’Axe monumental de nos magnifiques promenades, sans toutefois en oublier d’autres de la même importance, comme la musique, la nourriture et les traditions, qui font que nous ayons la satisfaction de promouvoir ce que nous avons dénommé notre « mara ciudad » (vieille ville). Le Rimac, c’est une autre Histoire !

 

  1. Concrètement, quelles ont été vos actions à l’égard de la protection et de la mise en valeur de votre patrimoine?

Nous travaillons sur 3 axes qui, de façon concrète, indiquent ce que nous sommes en voie de réaliser :

  • Rénovation urbaine et sauvegarde du patrimoine
  • Identité, éducation et innovation
  • Officialisation, assainissement et résilience

Dans les trois axes, nous agissons de façon linéaire sur le thème de l’éducation en tant que valeur pour la récupération du Centre historique ; voilà pourquoi nous avons ouvert l’École-atelier du Rimac, grâce au soutien de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID), un centre de formation de la main-d’œuvre spécialisée, afin de mettre en valeur le patrimoine ; de même nous développons la résilience, qui fait partie de la prise de décisions pour nos projets basés sur la gestion des risques et des désastres. Dans ce domaine, nous travaillons avec USAID, en alliance avec COPI, CARE et IRD, et le résultat nous a permis d’amorcer la transformation de l’axe de régénération de notre précieux patrimoine en zone piétonnière.

 

  1. Tenez-vous des événements particuliers mettant en valeur votre ville?

En 2016, nous avons réussi à organiser dans ce district la 9e édition de la « Cajoneada » (Festival des « cajones peruanos », ou caisses de résonance), évènement qui met en valeur la présence des descendants d’Africains dans le district et le reconnaît comme le premier quartier noir d’histoire et de formation à « Malambo », quartier d’origine et de développement du Rimac.

Nous accueillons actuellement l’exposition itinérante du Musée du Prado, dans le cadre de sa tournée en Améerique latine.

 

  1. La décision du District du Rimac de promouvoir son statut de ville du Patrimoine mondial a-t-elle eu un impact sur le District ?

L’impact sur le district de sa reconnaissance en tant que membre de l’Organisation des villes du patrimoine mondial a été très positif : le développement que nous voulons atteindre à partir de notre patrimoine culturel s’est intensifié. Cela nous permet d’engager un plus grand nombre de gestionnaires, aussi bien  internes qu’externes, qui appuient la mise en valeur de la ville historique, des monuments et de l’identité citoyenne.

 

  1. À vos yeux, dites-nous ce qui fait de Rimac un endroit si spécial…

Pour parler du Rimac de l’époque contemporaine, je veux tout d’abord vous entretenir de cette cité millénaire, dénommée “Abajo del Puente” (Sous le pont). Cette cité, qui a le privilège d’être située au centre de la ville de Lima, a une superficie de 11 km2 et abrite près de 200 000 habitants ; elle remonte à l’époque préhispanique, avec les « huacas » (pyramides), et en traversant le fleuve Rimac par le pont Trujillo, depuis l’époque de la Vice-royauté, elle a toujours été habitée par la classe la plus laborieuse de la période de formation de mon pays, le Pérou.

Être de “Sous le pont” est quelque chose d’unique : c’est la fierté du travail, du métissage, de la tradition, le berceau de formation du patrimoine monumental et immatériel, et je suis fier d’être un des leurs. Aujourd’hui, grâce à l’effort de toutes et de tous, nous somme reconnus comme ville du Patrimoine mondial.

 

https://www.facebook.com/FestivalInternacionalDeCajonPeruano/?fref=ts

https://www.youtube.com/watch?v=mFw1uulHvhs